Workflow, Sauvegarde, Lightroom ?


Pour beaucoup d’entres nous, on arrive rapidement à se demander comment organiser son travail afin d’obtenir quelque chose de fonctionnel, rapide et fiable.

On passe souvent par différentes étapes :

  Dans un premier temps on sauvegarde directement ces photos sur le disque dur de son ordinateur, bref c’est simple, ça fonctionne bien, seulement jusqu’au jour où le disque dur rend l’âme, vous n’avez plus que les yeux pour pleurer …

  Ensuite vient le moment où l’on se dit qu’en fin de compte, ça serait pas mal de faire une sauvegarde de temps en temps sur un disque dur externe. Faut-il encore faire ceci régulièrement et y penser. Je me vois mal faire une sauvegarde des données vers le disque externe à chaque modification …

 Puis après on essais de trouver le meilleur compromis entre tout ça …

De mon côté j’en suis arrivé à la solution d’intégrer un NAS (Synology DS212j) dans le workflow Lightroom. Celui-ci a pour but de servir de plateforme de données.

L’ensemble de mes photos sont réalisées uniquement en raw. On me demande parfois pourquoi ne pas faire raw+jpeg ? J’y vois aucun intérêt. Il est maintenant possible de visionner les photos directement par l’aperçu (de base sur MacOS et via des codecs sur Windows il me semble), donc autant faire son tri uniquement sur des raws. Sinon cela donne des doublons et il faut supprimer à chaque fois le raw ainsi que le jpeg, bref une perte de temps selon moi.

Lightroom a une façon de fonctionner bien spécifique. Il utilise d’un côté les fichiers images sources (que ce soit jpeg, cr2, nef, ou autre …) et de l’autre un fichier catalogue. C’est l’utilisation du catalogue qui est la plus intéressante car ce fichier regroupe l’ensemble des modifications que vous apportez à vos photos. Contrairement aux autres logiciels où vous êtes obligés de sauvegarder votre photo dans un format type .psd ou .tiff (non destructif) qui sont généralement très lourd, Lightroom se contente de ce fameux fichier pour l’ensemble de votre bibliothèque.

Le matériel, tu utiliseras :

Le NAS est connecté en gigabit directement à un switch puis ensuite à mon imac, poste de travail principal. J’utilise un switch car ce dernier est également connecté à ma box via un CPL, d’où l’utilisation du switch.

schéma nas imac switch routeur

Dans mon cas le NAS est constitué de deux disque dur de 2TO, branché en raid 1. Ce principe a pour but d’avoir deux disques durs qui sont une copie exact l’un et l’autre et à tout moment. En cas de panne sur un des deux HD, le dispositif se coupe et l’autre HD conserve ainsi l’ensemble des données.

Ce n’est pas forcément la solution la plus rapide d’un point de vue accès :

Vitesse accès fichier sur NAS

Voici un test réalisé rapidement, grosso modo en accès lecture la vitesse est d’environ 70mo/sec et environ 45mo/sec en écriture. Ce n’est pas formidable mais on verra ensuite que grâce à Lightroom ces vitesses ne sont pas un réel problème.

L’importation, tu feras :

Je créé dans un premier temps un dossier type « 2014-03-01 Rouen panorama » dans le dossier photo de mon NAS. Malgré que l’ensemble soit en réseau, le vitesse de transfert en gigabit est largement suffisante. Sachant que je vide mes cartes via un lecteur en USB2 (avec sa vitesse en pratique de l’ordre d’environ 40mo/sec), c’est le lecteur de carte qui vient brider l’ensemble.

dossier photo sur NAS

La création de prévisualisations, tu devras :

Une fois transférées, j’ouvre mon catalogue existant Lightroom puis ajoute le dossier qui vient d’être créé afin d’intégrer les photos à mon catalogue. Je coche toujours l’option de créer une prévisualisation.

Création miniature catalogue lightroom

Je laisse généralement au format standard, suffisant afin de travailler sur ces photos. Le format 1:1 conserve un aperçu au format HD qui n’est pas réellement utile je trouve dans le travail sur Lightroom (uniquement nécessaire en cas de zoom à 1:1) ce qu’on fait assez rarement disons-le.

Etant donné que je travaille sur le NAS, les délais d’accès aux informations sont plus lents que si l’on travaille directement sur le disque dur de notre ordinateur. Le fait que le catalogue intègre les images en preview permet tout simplement de pouvoir tourner entre les différentes photos / albums sans avoir cette contrainte de vitesse. L’image est affiché instantanément car Lightroom affiche ainsi la prévisualisation créé auparavant.

Il est également possible de les supprimer après un certaine moment. Par défaut pour moi elles sont supprimées après 1 mois, le délai généralement afin que je traite une série. Ca permet d’éviter d’avoir un fichier trop lourd et si j’ai besoin d’accéder à des photos plus anciennes je connais les « conséquences » qui sont un délai d’1 ou 2 secondes pour afficher les photos.

Même si le fichier catalogue se situe sur l’ordinateur, la suppression de photo lors de l’éditing va supprimer les photos directement sur le NAS.

En gros tout le travail d’édition va se faire sans aucun accès au NAS une fois l’importation et la création des prévisualisations terminées. Il est même possible de travailler sur ces photos sans qu’elles soient présentes en réseau de cette manière.

Ne conserver aucun jpeg, tu pourras :

Lorsque je termine une série de photos pour la publier sur le blog par exemple, j’attribue une couleur rouge à celles que je souhaite plus particulièrement conservées.

label-couleur-lightroom

Cette façon de faire me permet par la suite de trier mon catalogue et ressortir plus rapidement les photos que j’ai voulu conserver sans pour autant supprimer le reste. On sait jamais si comme moi parfois l’envi vous vient de traiter d’anciennes photos.

A la fin, j’exporte les photos que j’ai besoin au format jpeg pour les publier mais je ne les conserve pas sur mon ordinateur ni même sur le NAS. Ces fichiers n’ont pas d’intérêt comparé au duo raw + catalogue qui permet de refaire des jpeg plus tard. Nos photos prennent de plus en plus de place, aucun intérêt de conserver encore les jpeg.

Le cloud, tu essayeras :

Le cloud, c’est hype. Pourquoi pas s’en servir comme solution de sauvegarde ? Autant c’est très pratique pour une utilisation type smartphone de synchroniser l’ensemble, autant cette solution est utopique à l’heure actuelle selon moi. Impossible de penser envoyer ces photos sur un hébergement, ce serait trop long avec une simple connexion domestique. Je l’utilise mais à une échelle minime. Je me suis contenté d’uploader quelques photos (une vingtaine ..) au format jpeg maximum sur un compte dropbox, une sélection de photos. Plus inutile qu’autre chose à mon avis mais bon, c’est pour le principe on va dire :)

LA solution, tu trouveras :

Bref, il n’y a pas de solution vraiment miracle au final. Le top serait de bosser directement sur des disques durs SSD de capacités énormes et en raid afin de combiner la rapidité & sécurité mais votre porte feuille risquera de s’alléger lourdement. Avoir un disque dur en sauvegarde type thunderbolt également, mais le coût n’est pas le même également …

Imaginons une série photos de 36go, à 70mo/sec cela donne environ 8min30 de transfert avec un NAS comme le miens, une solution à base de thunderbolt ou USB3  qui tourne généralement aux alentours de 120mo/sec  donne au final 5min.

De mon côté je vois surtout le rapport qualité / prix. Une solution à base de thunderbolt pour mac permettrait d’obtenir des vitesses réellement supérieur mais dans quel but au final ? Gagner 10min lors de l’import d’une grosse série ou 10min pour un export ? Car les temps d’accès au catalogue seront inchangés étant donné qu’il est déjà présent dans l’ordinateur.

A vous de jouer maintenant :)


Commentaires (12)

  1. Pierre

    Bonne synthèse et bon résumé de l’évolution de notre mentalité concernant la sauvegarde ^^
    J’ai passé le pas du Nas suite au crash de la carte d’alim d’un DD externe mais heureusement j’avais d’autres sauvegardes des fichiers et j’ai pu récupérer le DD à l’intérieur.

    Le seul regret que j’ai c’est pourquoi je n’y suis pas passé avant? ah si je sais : le coût, ça reste cher encore :/

    Donc maintenant tout est sur le Nas et en train de voir pour le catalogue sur Dropbox + Nas ;)

    Répondre
  2. matthieu

    Salut Pierre,

    en effet c’est toujours le genre d’achat un peu « chiant » mais au bout d’un moment ça devient obligatoire d’y passer !

    Répondre
  3. laurent

    bonjour
    Merci pour cette lecture et ce partage très intéressant.
    Juste une question : pourquoi ne pas utiliser le lecteur de cartes du nas?

    Répondre
  4. Mélina

    Bonjour,
    Article intéressant, merci ! Je cherche à trouver le système idéal pour optimiser mon workflow, et avoir des fichiers accessibles rapidement. Mais je garde encore JPG + RAW, je n’arrive pas à me convaincre que les RAW suffisent. Du coup, j’ai des gigas de données très vite … J’ai sauté le pas et acheté un NAS. Pour info, les Synology se connectent automatiquement à plusieurs services de stockage en ligne. J’ai choisi hubiC parce que c’est français et ça fonctionne bien, ça synchronise toutes les modifs sur le NAS en ligne, pour un tarif hyper raisonnable. Mais les autres doivent fonctionner tout aussi bien.
    Mélina

    Répondre
  5. matthieu

    Merci pour ton retour Mélina !

    Personnellement je vois toujours pas l’intérêt de conserver à la fois les raw & les jpg. Si tu utilises LR pour visionner et gérer tes photos, il est inutile de conserver les jpg qui ne font qu’utiliser de la place disponible…

    Pour la question du stockage en ligne de l’ensemble des photos, je me suis pas encore attarder sur la question :)

    Répondre

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.